25 février 2021

En voulez-vous des projets?

La course à l’exploration spatiale bat son plein. Moi qui adore suivre ces expéditions, je suis gâté. Chaque mission suscite mon intérêt. Les Américains viennent de réaliser un exploit technologique en faisant amarsir (?) le p’tit dernier : Perseverance. D’autres nations envisagent aussi de s’aventurer dans ce monde inhospitalier.


Hier encore, ces Américains capables du pire et du meilleur avaient élu un dénommé Trump entrainant dans son sillage de joyeux lurons dont plusieurs croient que la Terre est plate. Je me demande ce que ces gens pensent des récentes missions. Du cinéma? Des complots ? On s'en fout un peu.


Quoi qu’il en soit, ce n’était pas le premier engin à être envoyé sur une planète voisine. Dès 1964, on lançait des fusées dans cette direction. Les Russes furent les premiers à y déposer une Lada volante. Il y eut ensuite les sondes Viking et toute une ribambelle de mécaniques. Il y a donc sur la Lune, sur Mars, sur Vénus et ailleurs, plusieurs épaves d’origine terrestre. Certaines d’entre elles dérivent dans l’immensité intersidérale.


N’importe quelle agence de voyages vous le dira, Mars est la destination la plus populaire, peut-être à cause des Martiens (rire). Peut-être aussi parce qu’elle est atteignable, enfin, dans un avenir pas trop lointain. On espère y repérer des traces de vie, des bactéries fossilisées, que sais-je. Si cela se confirme, on dira « voici la preuve que la Vie est possible ailleurs ». Nous ne serions donc plus le centre de l’univers! L’acceptation sera difficile. Le clan des sceptiques risque de gagner en popularité.


Donc, dans un premier temps on vise Mars. Je ne parle pas de la Lune, elle est devenue tellement banale et sur Vénus, il fait trop chaud, il vente constamment et l’air y est toxique. J’ai retrouvé des articles et des notes manuscrites glissées entre les pages de mes livres d’astronomie. À l’époque, aucun doute ne planait dans mon esprit, l’humanité se jetterait corps et âme dans l’exploration spatiale. On domestiquerait d’abord le système solaire. Du coup, on réaliserait que nos combats fratricides sont vains et caducs. C’était la belle innocence de l’époque. Cela a marqué mon adolescence. Nous devrions écouter nos ados. À l’âge adulte, l’affaire se gâte.


Et pourquoi cette obsession de l’ailleurs? Parce que cet « ailleurs » existe, parce que notre soleil s’éteindra dans 4 ou 5 milliards d’années, si nous sommes chanceux. Vaut mieux s’y mettre et préparer nos malles, car on le sait, quatre milliards d’années ça passe vite.


Le temps joue toujours contre nous et les citoyens se lassent vite des programmes spatiaux. À l’époque de Kennedy, on entendait ceci : « que l’on règle d’abord nos problèmes sur Terre avant d’aller ailleurs ». On a probablement dit la même chose à Christophe Colomb avant qu’il ne lève l’ancre. Des bêtises tout ça, des problèmes de famille, on en aura toujours.


Pour l’instant ce sont des traces de vie que l’on cherche, mais nous voudrons aussi créer des conditions favorisant la Vie. Engendrer la Vie ailleurs, c'est un gros projet!


À suivre… 

22 janvier 2021

Ce que je dis

Je dois m’habituer à écrire « 2021 ». À pareille date l’an dernier, j’étais heureux d’écrire « 2020 ». Ce nombre est constitué de jolis chiffres, tout est en rondeur. Ces chiffres dénués d’angles aigus ne pouvaient blesser, ils n’accrocheraient pas. Leurs rondeurs évoquaient la prospérité, j’imaginais un sac rempli d’argent ou un ventre plein. Bref, 2020 ne pouvait qu’être une bonne année.

Puis, avant même que le printemps ne se pointe le bout du nez, un doute flottait dans l’air, un doute aérien, je l’oubliais puis il réapparaissait en soirée, aux infos télévisées. Il se transforma en mauvais pressentiment. L’année à l’allure rondelette allait moins rondement, tel un pneu crevé. Vous connaissez la suite.


Il n’en reste pas moins qu’en 2020 nous avons appris à faire du pain, entrepris de longues promenades et visité les arrondissements voisins ainsi que la campagne proche. Lors des vacances, on a redécouvert certaines régions dans nos pays respectifs. Pourquoi s’entasser dans des aéroports, se mettre en file pour ensuite se corder dans des avions? Puis on s’est intéressé aux travaux scolaires des enfants, on a passé beaucoup de temps avec nos proches, nous avons développé certaines habiletés propres aux jeux électroniques. Nous avons aussi beaucoup lu et bricolé. On a dormi de longues heures après avoir parlé au téléphone. On se souviendra de cette fameuse année.


Qu’en sera-t-il de 2021? Plus sages que jamais, nous profiterons de chaque instant, nous vivrons une heure à la fois. Hier soir j’ai passé beaucoup de temps à l'extérieur, la neige ne manque pas, elle absorbe les sons, je n’entendais que le bruit de mes pas. Je suis ensuite entré, me suis tiré une buche et j'ai posé mes pieds sur la bavette du poêle. À l’autre bout de la pièce, la télé montrait un ex-président répudié qui s’envolait pour la Floride. « L’année commence bien » que j'ai pensé. Il faut trouver son plaisir là où il est.


J’ai l’impression que nous connaissons mieux la valeur de la Vie, de tout ce qui nous entoure. Nous avions peut-être oublié que nous sommes des êtres grégaires, la présence physique d'autres humains nous est essentielle et surtout, irremplaçable. Nos ados resteront marqués par cette épreuve mais du coup ils auront appris la leçon, mieux que quiconque. Considérons la chose comme un cadeau.


En 2021, pourrons-nous éliminer ce foutu 2 mètres? Nous démasquer? Nous toucher? Ce que l’on a toujours considéré naturel et acquis est devenu un rêve, un fantasme. Et bien, rêvons, il faut trouver son bonheur là où il se trouve. C'est ça que je dis.

24 novembre 2020

Un Fait est un Fait!

 Depuis quelque temps, Barack Obama dénonce cette tendance, encouragée par les médias, à valoriser des croyances farfelues et de propager le doute en ce qui concerne les faits.


Pour qu’un fait en soit un, il faut le documenter. On préfère croire en quelque chose d’absurde ou d’extraordinaire. C’est moins ardu que de s’informer ou de réfléchir.


Forger de faux scandales, adhérer à d’étranges théories et adopter n’importe quel « leader » ou « influenceur » qui nous ouvre les bras semble valorisant. Être membre d’un clan ça rassure, ça donne un sens à sa vie, c’est faire des vœux sans contraintes. En regardant les foules se prosterner devant ces faux prophètes, j'ai cru voir un éveil religieux chez des gens dont le bon sens s’était égaré.


Une fois embrigadé, on se pense en droit de trainer dans la boue quiconque nous contredit ou d’accuser l'un et l'autre des pires calamités, sans preuve bien sûr. On dit que les idées c’est comme les clous, que c’est à force de cogner dessus que ça entre. En répétant les mêmes bêtises, le peuple finira par y croire. En prétextant une neutralité que je juge naïve, les médias, qu’ils soient sociaux ou non, octroient autant d’importance et de temps aux imbéciles qu’aux gens crédibles. Qui a beau jeu?


Les théories du complot s’autoalimentent depuis quelques décennies. La tendance est lourde. Trump n’a rien inventé (je le crois incapable d’inventer quoi que soit), il n’a fait que « surfer » sur la vague et en ce domaine, il est passé maitre. Nos ennuis ne sont donc peut-être pas terminés. Regardons autour de nous, pas seulement en politique. Les dérives sont visibles. Maintenant que le Roi des imbéciles n’est plus à la barre des États-Unis, j'ose espérer que nous aurons droit à une petite pause.


Quand Trump a perdu ses élections, le monde a eu l’impression de sortir d’un mauvais rêve, d’une noirceur totale. Nous avons droit à une bouffée d’air frais. Espérons que la science, l’instruction, les arts et les paroles sensées reprendront le dessus. La démocratie, la paix et la bonne entente ne doivent jamais être tenues pour acquises, les menaces ne manquent pas.


Désolé pour ce billet un peu trop sérieux, j’ai l’impression d’avoir vomi quelque chose que j’avais de travers.


Ça va mieux maintenant (rire).