6 septembre 2020

La P'tite Vie

Cet été, j’ai délaissé quelque peu le vélo pour la marche. À pied, comme en vélo, je ne dispose que d’une vitesse : la plus lente. Je me balade sans tracé précis. Si j’entreprenais un tour du monde, je marcherais en droite ligne sans dévier de ma route au profit de « points d’intérêt » qui bien souvent ne rejoignent pas les miens. Je me contenterais de ce qui se présenterait devant moi.


Le hasard se chargerait de mes découvertes, de mes rencontres. Parfois, je ferais une pause et contemplerais la vie qui bat, je laisserais les évènements se produire, ce serait mon film. Laissons le bon temps rouler.


Aujourd’hui, je me suis rendu dans une ville voisine en voiture. J’ai garé ma voiture et j’ai marché quelques heures. Sur mon chemin, il y avait une gare, une gare peu fréquentée dont le bâtiment ancien est typique du pays. On prend rarement le train ici, on se déplace autrement.


Pourtant, sur le quai, je me suis surpris à espérer un train. Une affiche indiquait que vers la droite les rails menaient à Halifax tandis que vers la gauche on pouvait espérer se rendre à Vancouver. 6000 km séparent les deux océans! Qui aurait l’idée de faire ce trajet en train! Nos trains sont du type TBV (très Basse Vitesse), peu fiables en ce qui concerne les horaires et plutôt inconfortables. Ils transportent surtout de la marchandise.


Je suis resté une heure sur le quai, au soleil. J’ai lu. J’ai aussi scruté l’horizon, côté Atlantique et côté Pacifique, aucun train en vue. Puis d’autres personnes sont venues s’installer sur le quai. Chacun apportait sa chaise pliante. Ils étaient sept ou huit. Ils se sont mis en demi-cercle pour placoter. Ils riaient. Ces gens venaient passer du temps ensemble, regarder les trains qui, on ne sait jamais, pourraient passer. Cela vaut mieux que de rester seul dans son appartement.


Finalement, un train s’est pointé, avec son fret, il ne s’est pas arrêté, il n'a fait que passer. Il venait de l’Est et roulait vers l’Ouest. Nos amis, bien calés dans leur chaise, avaient parié sur le nombre de wagons. Il était long ce train, personne n’a deviné le nombre de wagons exact.


Un silence suivit le passage du train puis une femme déclara : « Faut qu’j’aille préparer le souper aux enfants ». Chacun a plié sa chaise puis s’en est allé. Se retrouveront-ils lundi prochain? En ces temps de COVID, vaut mieux socialiser au grand air, sur le quai de la gare que dans un salon.


À mon tour, satisfait du spectacle, j’ai levé le camp. C’est ça qui s’est passé hier. 





28 juillet 2020

À la Banque

Autrefois, si un homme masqué entrait dans une banque, c'était la panique, on appelait les flics.

Aujourd'hui, si le même homme entre dans la même banque à visage découvert, c'est la panique, on appelle encore les flics!

Faudrait savoir!

24 juin 2020

Avis aux lecteurs...




Déconfinement oblige, nos centres commerciaux souhaitent reprendre leurs négoces tout en maintenant des mesures de distanciation.


Dans un centre près de chez moi, des affiches stipulent qu’on ne peut s’attarder sur les bancs publics, qu’on ne peut s’y asseoir et lire, la lecture étant considérée comme une forme de flânerie.


Ironique, j’ai demandé à un agent de sécurité si je pouvais lire debout, il m’a répondu :


« Oui, à la condition de marcher en même temps. »



Il plaisantait, mais l’image était trop drôle. On a tout fait pour encourager la lecture et voilà qu’on associe cette dernière à une forme d'errance! Je n'ai pu résister, j'ai pris quelques clichés. je me suis dit qu'on ne me croirait pas.


Que dire de cette manie d'acheter, de consommer démesurément!